En ces temps d’anniversaire de mai 68 et
de renouvellement de vastes mobilisations étudiantes (notamment à Poitiers), il nous a semblé stimulant de clore l’année universitaire par un moment de réflexion sur la dimension historique de
l’identité étudiante. De l’université médiévale à celle d’aujourd’hui, on est bien sûr de ne pas parler de la même chose. Les étudiants, leurs fonctions sociales, leurs identités sociales ont
profondément changé : âges, sexes, conditions matérielles, enracinements sociaux, devenirs sociaux, les réalités désignées par le vocable peuvent paraître tout autres et considérablement
diversifiées, notamment depuis quelques décennies. En même temps, le terme chemine, englobant, porteur de représentations collectives, d’identités. Il nous a donc semblé intéressant de revenir
sur la façon dont, dans des contextes sociaux extrêmement divers, un groupe, lui-même divers, produit de l’identité collective et est lui-même assigné par d’autres (parents, jeunesse des
métiers, travailleurs manuels, pouvoirs …) à une identité collective. La question de la confrontation aux pouvoirs, dans leur diversité, a semblé être une bonne mise à l’épreuve de ce
questionnement, puisqu’elle exprime d’emblée une forme d’extériorité entre le « monde » étudiant et celui des pouvoirs civils, religieux ou universitaires, rapport qui fonctionne avec une quasi
évidence et une étonnante récurrence dans des contextes sociaux des plus divers. Cette représentation, culturellement si prégnante, nous a semblé bien mériter un retour épistémologique sur sa
pertinence sociale.
9 h - 9h 30 Accueil des participants
9h 30 Anne Jollet, Maîtresse de conférences, Université de
Poitiers, Quelles identités étudiantes ?
Présidence de la matinée : Robert Favreau, professeur honoraire d’histoire médiévale,
Université de Poitiers
* 10h : Robert Favreau, Retour sur les étudiants de l’Université de Poitiers
au Moyen-Âge
* 10h30 : Jean Hiernard, professeur d’histoire, Université de Poitiers, Autour de
Poitiers: les studiosi peregrinantes et les pouvoirs aux XVIe et XVIIe siècles
* 11h : Caroline Fayolle, doctorante, Université de Paris VIII, L’impensable
étudiante ? Genre et savoir à l’époque de la Révolution française
* 11h 30-12h : Jérôme Grévy, professeur d’histoire, Université de Poitiers, De
Michelet à Lavisse : la construction républicaine d’une identité étudiante
* 12h -12h 30 Débat
Pause repas
14 h : Présidence de l’après-midi : Christine Manigand, professeur d’histoire, Université de Poitiers
* 14h 30 Ludivine Bantigny, Maîtresse de conférences, Université de Rouen,
Identités et rôles étudiants de la guerre d’Algérie aux « années 68 »
* 15h : Jules Aimé, étudiant Master, Université de Poitiers, Les étudiants poitevins et leur rapport au pouvoir universitaire pendant et après 1968
Pause
* 15h45 : Robi Moder, président du GERME (Groupe d’Etude et de Recherche sur les Mouvements étudiants) et Jean-Philippe Legois, Les étudiants des « années 68 », révélateurs des transformations
de la jeunesse et de la société
* 16h-15 : Bertrand Geay, professeur de sociologie à l’Université d’Artois, Romuald Bodin, Jérôme Camus, Nicolas Lefol, Université de Poitiers, Etudiants en lutte. La fabrication d’une manière
d’être. A propos des mobilisations étudiantes à Poitiers contre le CPE.
* 17h-17h45 : Discussion en présence d’acteurs des luttes étudiantes de la guerre d’Algérie à nos jours.
Cette journée est organisée dans le cadre du GERHICO, avec le soutien de l’UFR de
Sciences humaines et arts de l’Université de Poitiers.
L’entrée est gratuite et ouverte à tous dans les limites des places disponibles.
Elle se déroulera dans l’amphithéâtre Debré, site Malraux, 34, rue du Jardin
des Plantes, 86000 Poitiers
Accueil : 05 49 45 45 45