Appel à contributions à l’ouvrage sur les immigrations en
Poitou
de 1850 à nos jours
L’immigration est une vieille histoire française. En l’espace de deux cents ans, le visage de l’immigration a changé. La France a
accueilli des populations étrangères diverses, venues d’horizons multiples et pratiquant toutes sortes d’activités. Les colporteurs, les marchands et musiciens ambulants étaient les principaux
non-nationaux immigrés en France à l’époque moderne. C’est alors une immigration de spécialistes attirés non pour combler un vide démographique ou économique, mais pour répondre à une demande en
personnel qualifié. Se sont ajoutés, les bannis, les victimes de tyrannie ou de l’intolérance. A partir des années 1860-1870 et jusqu’à aujourd’hui, les logiques de l’immigration ne sont plus les
mêmes. La France connaît alors des difficultés d’ordre démographique et économique. Elle devient alors un des pays qui a intensément recours aux populations étrangères non seulement pour faire
fonctionner son économie, mais aussi pour compenser les effets désastreux des hécatombes des deux confits mondiaux. En sus, au courant de l’immigration économique se sont mêlés ceux de l’exil
politique.
Il est évident d’associer aujourd’hui l’histoire de l’immigration à certaines régions françaises. Des espaces comme le Nord et l’Est,
la banlieue parisienne ou le Sud-Ouest ont été en majorité façonnés à la fin du XIXe siècle et durant le XXe siècle par les étrangers. Malheureusement, l’historiographie de
l’immigration en France privilégie les grands foyers de peuplement « allogène ». Elle n’aborde que très peu la présence étrangère dans des espaces profondément marqués par leur ancienne
ruralité comme le Centre-Ouest atlantique. Pourtant, des Polonais, des Italiens, des Portugais et des Espagnols sont arrivés en Poitou-Charentes et ont consacré la majeure partie de leur vie à
travailler, à tenter d’y vivre et ensuite de s’y intégrer. Cette immigration « secondaire » à l’échelle nationale, considérée parfois comme marginale dans la société d’accueil a
profondément marqué ladite région de son empreinte professionnelle.
En conséquence, cet ouvrage ambitionne d’entreprendre une recherche historique et sociologique sur la population immigrée dans la
région Poitou-Charentes avec un accent particulier sur les Charentes. Nous avons volontairement étendu la recherche sur presque deux siècles pour permettre d’apprécier et pondérer les évolutions
au sein de l’histoire de l’immigration dans le Centre-Ouest contemporain.
Le phénomène migratoire pourra être étudié selon des perspectives multiples (sociologique, historique, politique, économique,
philosophique…), l’objectif étant le croisement des approches et des points de vue afin de rendre visible la présence immigrée dont les provenances sont diverses et variées. En sus, cet ouvrage
est l’occasion de valoriser des créations locales associant des jeunes chercheurs et des chercheurs « professionnels » de différents horizons.
Voici quelques propositions d’approche :
-Mettre en exergue à la fois la continuité et l’originalité des vagues migratoires et des parcours individuels : la composition
des flux, les mécanismes qui président aux départs et le choix du Poitou-Charentes, l’existence de différentes générations dans les migrations, les migrations féminines.
- Les motivations économiques, politiques ou autre des migrants sont essentielles à traiter. De même, des « catégories » de
populations telles que les Juifs, les Tsiganes ou même les populations venues des territoires liés à la France par l’histoire coloniale peuvent être source de réflexion.
-Si nombre de caractéristiques locales recoupent les évolutions nationales des mouvements migratoires, tour à tour politiques et
économiques, l’ouvrage fera aussi état d’originalités contextuelles dans cette région.
-Les effets des vagues migratoires sur le marché de l’emploi à travers les entreprises du Poitou-Charentes consommatrices de
main-d’œuvre étrangère.
-La politique de l’habitat, « ghettoïsation » ou non dans les villes du Poitou-Charentes.
-Les représentations politiques et l’opinion publique à l’égard de ces populations dans le Poitou-Charentes (à travers la presse
locale notamment).
- Les modalités qui permettent ou empêchent l’intégration, la thématique de la naturalisation à travers les générations.
-La question de la mémoire est une thématique à faire valoir avec les mémoires singulières et la mémoire commune. La vie associative
chez les immigrés est intense. Les associations peuvent-elles être considérées comme un moyen marquant de leur visibilité dans les départements picto-charentais ?
Outre les migrations étrangères, cet ouvrage abordera aussi les migrations intérieures des populations de souche aux particularismes
forts. Ce sont les Auvergnats, les Landous, les Vendéens, les Bretons du XIXe et début XXe siècle qui arrivent par centaines en Poitou-Charentes, et notamment dans la partie
charentaise de la région (côtes et anciennes zones de vignoble après le phylloxéra). Ancienne terre d’émigration transformée en terre d’immigration, le Centre-Ouest présente un cas de figure
exemplaire par cette mixité régionaliste.
MODALITES DE SOUMISSION DES PROPOSITIONS
Les résumés d’une page maximum en français (environ 4000 signes espaces non compris) comporteront un titre, la description de la
problématique et du matériau empirique (archives, entretiens, terrain d’étude, …). Ils devront parvenir au plus tard le 15 avril 2009 à l’adresse
suivante : Nermin.Sivasli@malix.univ-paris1.fr
accompagnés d’un court CV, sur une page annexe, mentionnant l’identité, l’institution de rattachement, le statut, les publications
récentes relatives à la thématique de l’ouvrage, les coordonnées postales et téléphoniques ainsi qu’une adresse électronique.
CALENDRIER
Appel à contributions ouvert jusqu’au 15 avril 2009
inclus.
Retour d’évaluation des propositions : mi-mai
2009.
Réunion de lancement du chantier avec les auteurs à Poitiers (lieu à
préciser) : fin mai 2009.
Remise des textes à la coordination selon les modalités de présentation
communiquées ultérieurement : 15 décembre 2009.
Publication de
l’ouvrage accompagné d’un colloque de restitution : 3ème trimestre 2010.
La coordination de l’ouvrage est confiée à Nermin Sivasli, doctorante à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne, rattachée au Centre
d'Histoire Sociale du XXème siècle de Paris I, membre de Migrinter. L’éditeur de l’ouvrage est le Croît vif, le principal éditeur charentais, dont on trouvera le catalogue
à : www.croitvif.com/
Une rémunération forfaitaire est prévue lors de la remise des contributions.